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10 Juillet 2013

Les Nouveaux chemins de la connaissance / L’urgence est-il le nouveau mal du siècle ?

C’est une vieille idée, et pourtant elle se présente à nous comme une idée neuve. La vitesse nous grise et tout irait plus vite. Nous aurions perdu l’usage et la maîtrise de notre temps, au travail, comme au quotidien. Face à cette apparente accélération, certains auteurs aimeraient réinventer la vie, en retrouvant la lenteur. C’est un peu grossier, mais c’est une vue qui transparaît dans le discours de certains partisans de la décroissance.

 

L'urgence, on la croise sous la plume d’écrivains, tel Milan Kundera dans « La lenteur » (1995) ou bien chez Pierre Sansot dans son « Bon usage de la lenteur » (1998). Pour ces apologistes de la lenteur, le salut passe par la décélération. Il faudrait ralentir. L’histoire, l’économie, la politique, le rythme de nos vies, seraient comme emportées par une frénésie de mouvement, au point de bouleverser notre perception du temps et d’appauvrir notre rapport au monde. Prisonniers du court terme, enfermés dans la cage de fer du turbo capitalisme, nous serions devenus des joueurs qui jonglent avec le temps, incapables de diriger notre vie.

Sous les décombres de l’ancien productivisme, une nouvelle intensification du travail a en effet vu le jour. Le management par le stress fait des ravages. Et nombre de salariés perdent le contrôle de leur emploi du temps. Vrais ou faux, ces constats n’ont pas de valeur en soi. Mais la mobilité forcée n’est pas une invention de philosophe. Elle existe, au point de produire parfois un effet contraire : du mouvement qui produit de l’inertie, du dynamique qui devient du statique.

D’où vient cette sorte d’immobilité fulgurante ? Quel en est le ressort ? D’où vient cette nécessité de toujours se presser ?

Michelet, en 1872, il était âgé de soixante-quatorze ans, disait déjà qu’un des faits les plus graves et les moins remarqués, c’est que l’allure du temps a tout à fait changé. Il a doublé le pas d’une manière étrange ».

L’a-t-il triplé aujourd’hui ? Sommes-nous définitivement entrés dans le temps de l’urgence ?

 

  • Christophe Bouton, professeur de philosophie à l’Université Michel de Montaigne Bordeaux 3. Membre junior de l’Institut universitaire de France.

 

PIGEOT,
Dimanche 13 Mars 2016 à 11h59

C’est vrai ! S’approprier le temps, l’observation simplement de la nature dans toutes ses formes est presque aujourd’hui devenu un luxe. Savoir faire un arrêt sur image et immortaliser l’évènement, contempler le temps sans jugement, oui, c’est un luxe. Oui, le temps que l’on capte sans penser forcément au temps reste un moyen d’être relié à soi-même, à notre bonne vieille terre, à l’univers et répond souvent à des problèmes existentiels. Observer sans forcément comprendre, mais juger par le cœur où tout est permis, il suffit simplement de s’en donner les moyens… Ne rien faire, c’est se retrouver avec soi même mais aussi avec le diable! « Notre pire ennemi n’est il pas nous-mêmes ? »…Tout est encore une fois une question d’intention, d’orientation de ses pensées, de volonté et pour certains de foi! Le temps est pour moi subjectif, c’est ce qui se passe dans le temps qui doit être maîtrisé…Pour moi, le temps maîtrisé de « nos impératifs professionnels et familiaux », doit accroitre notre capacité d’écouter notre petite voix intérieure ; celle qui va nous préserver de la noyade médiatique et sociale…celle qui va simplement nous rendre nous-mêmes et authentique…