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18 Mai 2015

L'INNOVATION ET LE NUMÉRIQUE PAR MICHEL SERRES

La révolution numérique en cours a selon Michel Serres des effets au moins aussi considérables qu'en leur temps l'invention de l'écriture puis celle de l'imprimerie. Les notions de temps et d'espace en sont totalement transformées. Les façons d'accéder à la connaissance profondément modifiées. A cet égard, chaque grande rupture dans l'histoire de l'humanité conduit à priver l'homme de facultés ("l'homme perd") mais chaque révolution lui en apporte de nouvelles ("l'homme gagne"). A la part de mémoire et de capacité mentale de traitement de l'information qu'il perd avec la diffusion généralisée des technologies numériques, l'homme gagne une possibilité nouvelle de mise en relation (d'individus, de groupes et de réseaux, de savoirs) mais aussi une faculté décuplée d'invention et de création. C'est probablement de ce côté-là que se trouvent les réponses aux enjeux contemporains de l'humanité.

CC Invisivision / Flickr

 

Michel Serres, de l'Académie française, a prononcé le 29 janvier 2013 la conférence inaugurale du Programme Paris Nouveaux Mondes, l'Initiative d'excellence du Pôle de recherche et d'enseignement supérieur « hautes études, Sorbonne, arts et métiers » (Pres heSam).

 

 

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naudi stephane,
Samedi 11 Juillet 2015 à 13h18

pa-ssio-nant.

Jérôme,
Mardi 19 Mai 2015 à 11h18

Le pochoiriste Banksy a immortalisé cette part croissante des technologies dans nos vies. A méditer http://ateliercst.hypotheses.org/1779

Stéphane,
Mardi 19 Mai 2015 à 06h56

#EcoleNumérique … Le gain vaut-il la perte ? 13/01/2015 http://www.pedagogie.ac-nantes.fr/philosophie/enseignement/numerique-et-enseignement/ecolenumerique-le-gain-vaut-il-la-perte--887438.kjsp?RH=PHILOS

Jérôme @ Stéphane,
Mardi 19 Mai 2015 à 11h21

Le problème ne repose pas sur les nouvelles technologies... http://ateliercst.hypotheses.org/1779

Robilien,
Lundi 23 Février 2015 à 14h29

J'avoue ne pas comprendre la position de Michel Serres sur le numérique et à son allégorie de Saint Denis. Comment une tête séparée du corps et un savoir venu tel quel de l'extérieur peut représenter quelque chose de suffisant. Cette apologie de petite poucette (poulette ?) sans tête, me stupéfait. Idem pour la comparaison avec la révolution culturelle de la renaissance par rapport à la scholastique médiévale dont on sait maintenant qu'elle ne fut pas si radicale. Les penseurs de cette époque, de Pic de la Mirandole à Rabelais et Montaigne, plaidaient pour un savoir maximum dans une tête bien faite, mais aussi bien pleine. Cette opposition entre tête bien faite et tête bien pleine a eu des effets néfastes au plan de l'éducation au XXe siècle. Qu'on oppose les sophistes au socrato-platonisme ou la réthorique d'ancien régime à la pensée que développe l'honnête homme du XVIIIe siècle installé dans sa bibliothèque privée, rien n'a jamais remplacé l'effort intellectuel d'un apprentissage reçu structuré, pédagogiquement adapté et "ruminé" pour l'acquisition d'un vrai savoir. Bien sûr, il n'est pas question de rejeter l'apport des nouvelles technologies et du confort qu'elles apportent en matière documentaire, mais il est manifeste que Michel Serre ne s'émerveille devant Wikipédia que parce qu'il porte en lui tout un savoir préalable construit selon les anciennes méthodes d'acquisition des connaissances qui ont fait leurs preuves et qui lui permettent de tirer un profit maximum des progrès de "l'Hermès". De la même façon cette culture "classique" permet à ceux qui en sont encore les représentants de trier dans internet entre ce qui est nul culturellement et ce qui ne l'est pas. Michel Serres aurait plutôt du s'interroger, lui qui enseigne aux USA, comment le marché a commencé à segmenter l'économie du savoir entre information à valeur 0 et information à valeur ajoutée payante. Ainsi notre Saint Denis aurait deux têtes, une dans chaque main, mais leur mître n'aurait pas la même valeur. On peut croire en l'avenir et éduquer sans passer obligatoirement par un consumérisme aveugle qui courbe les esprits. Pour analyser et trier le vrai du faux, il faut savoir. C'est peut-être ce qu'enseigne, sans nous le dire, Michel Serres à ses petits enfants…