Aller au contenu principal
aller directement au contenu
21 Février 2014

L'INNOVATION ET LE NUMÉRIQUE PAR MICHEL SERRES

La révolution numérique en cours a selon Michel Serres des effets au moins aussi considérables qu'en leur temps l'invention de l'écriture puis celle de l'imprimerie. Les notions de temps et d'espace en sont totalement transformées. Les façons d'accéder à la connaissance profondément modifiées. A cet égard, chaque grande rupture dans l'histoire de l'humanité conduit à priver l'homme de facultés ("l'homme perd") mais chaque révolution lui en apporte de nouvelles ("l'homme gagne"). A la part de mémoire et de capacité mentale de traitement de l'information qu'il perd avec la diffusion généralisée des technologies numériques, l'homme gagne une possibilité nouvelle de mise en relation (d'individus, de groupes et de réseaux, de savoirs) mais aussi une faculté décuplée d'invention et de création. C'est probablement de ce côté-là que se trouvent les réponses aux enjeux contemporains de l'humanité.

CC Juliango / Flickr

 

Michel Serres, de l'Académie française, a prononcé le 29 janvier 2013 la conférence inaugurale du Programme Paris Nouveaux Mondes, l'Initiative d'excellence du Pôle de recherche et d'enseignement supérieur « hautes études, Sorbonne, arts et métiers » (Pres heSam).

 

 

Pour aller plus loin...

 


 

Continuezavec les dossiers les plus commentés

Caja,
Mercredi 12 Novembre 2014 à 22h20

J'encourage tout le monde à modérer son enthousiasme en lisant cet article. http://www.laviemoderne.net/detox/39-deus-ordinator

Fiofio,
Dimanche 17 Août 2014 à 13h54

C'est très intéressant. L'enthousiasme de Michel Serres et toujours communicatif. Mais là il m'inquiète car il est question d'innovation, terme qu'il ne définit pas et qu'il ne contextualise pas. L'innovation de nos jours est entre les mains de ceux qui produisent à grande échelle (ce qui est le propre de l'innovation.) Michel Serres nous enthousiasme avec les gains humains incontestablement supérieurs aux pertes lors de la révolution de la relation de l'homme au droit et à la chose politique engendrée par les deux innovations précédentes qu'ont été l'écrit puis l'imprimerie. Cela dit, je m'interroge sur ce ratio entre perte et gain apporté par l'innovation numérique dans cette relation de l'homme au droit et à la chose politique toujours en cours parce que je ne la perçoit pas seulement en regard du passé mais aussi et surtout en regard du présent où le monde de la finance s’accapare tout grâce justement à la dématérialisation des échanges humains et grâce à l'annulation du temps et de l'espace propre à l'innovation numérique. Au profit de qui cette révolution va tourner ?

Robillard,
Dimanche 10 Août 2014 à 12h10

JOJO (commentaire du 22 février) est bien sévère. Pour ma part c'est avec beaucoup d'intérêt que j'ai lu "Petite Poucette". Bien à vous.

katia,
Vendredi 7 Mars 2014 à 11h48

c'est remarquable, merci à lui pour cette analyse et les perspectives de croissance qu'elle suggère.

Liliane Bordes-Debray,
Mercredi 26 Février 2014 à 14h03

Michel Serres termine sa conférence sur le thème de la perte. Tous les grands mystiques, de quelque tradition spirituelle que ce soit, parlent de la perte. Il faut pouvoir perdre, abandonner pour toucher à l'essentiel, à l'essence... Tous les grains de sable d'une plage peuvent passer dans une main ouverte, pas dans un poing fermé. Peut-être la piste d'un prolongement philosophique de cette conférence...?